Rattrapé par la crise au Moyen-Orient, Hermès ne défie plus la gravité
information fournie par Zonebourse 15/04/2026 à 10:54
Son chiffre d'affaires consolidé s'est élevé à 4,1 milliards de dollars sur les trois premiers mois de l'année, soit une hausse de 6% à taux de change constants, là où le consensus tablait sur une progression de plus de 7%.
En raison de l'effet défavorable significatif des effets devises, ses ventes s'inscrivent même en baisse (-1%) à taux courants.
Une croissance freinée par le contexte géopolitique
La maison parisienne - connue pour ses sacs Birkin et Kelly ainsi que pour ses carrés de soie - n'a pas réussi à échapper à la tempête mondiale provoquée par l'offensive américaine menée contre l'Iran et les graves répercussions que ces tensions ont suscitées dans l'ensemble de la région.
Si elles n'affichent plus leur rythme effréné, les performances du premier trimestre restent toutefois très supérieures à celles des autres acteurs du secteur comme LVMH, dont l'activité de mode et maroquinerie a vu ses ventes se contracter de 2% en données organiques sur le premier trimestre, ou encore Kering, dont la marque stratégique Gucci a essuyé une décroissance organique de 8% sur la période.
Le groupe reconnaît toutefois que les événements survenus au Moyen-Orient ont fortement impacté ses ventes en gros, notamment via un recul des ventes aux concessionnaires, principalement dans les aéroports.
Depuis le mois de mars, le conflit a plus largement affecté toute la zone, tant aux Emirats arabes unis qu'au Koweït, au Qatar et à Bahreïn. En données organiques, ses ventes au Moyen-Orient ont chuté de quasiment 6% sur le trimestre.
Mais la Chine inquiète aussi
A l'exception de la France (-2,8% à changes constants), pénalisée par le ralentissement des flux touristiques, ses ventes ont néanmoins continué de progresser dans toutes les régions du monde, tout particulièrement aux Etats-Unis ( 17,2%), en Europe hors France ( 9,7%) et au Japon ( 9,6%).
Le gérant d'Hermès, Axel Dumas, a souligné que le groupe poursuivait sa "croissance rentable avec conviction et confiance", estimant que les fondamentaux de son modèle d'entreprise constituaient plus que jamais "un atout différenciant".
Mais les analystes s'attendaient à ce que le sellier, qui s'adresse à des clients ultra-riches pouvant se permettre de s'offrir des sacs à main coûtant plus de 10.000 dollars, résiste mieux aux turbulences économiques actuelles.
Dans une note de réaction, les équipes de Jefferies disent s'inquiéter des difficultés rencontrées au Moyen-Orient, qui représentent environ 8% des ventes, y compris les dépenses de voyage des clients du Golfe, mais surtout du ralentissement observé au niveau de la croissance en Chine.
Les ventes en Asie-Pacifique (hors Japon) n'ont en effet augmenté que de 2,2% à changes constants au premier trimestre, contre 8% au quatrième trimestre, ce qui constitue selon le broker américain un sujet de débat majeur et une source de préoccupation potentielle pour les investisseurs.
Vers une révision à la baisse du consensus
Les analystes d'UBS déclarent ainsi s'attendre à ce que les prévisions du consensus soient revues à la baisse jusqu'à 5% suite à cette publication décevante, qui montre que les consommateurs dépensent moins pour la mode haut de gamme en raison du contexte géopolitique incertain.
D'autres, comme TP ICAP, évoquent une croissance toujours "solide" en dépit de ce ralentissement conjoncturel et géopolitique temporaire.
"Le premier trimestre reflète davantage une normalisation conjoncturelle amplifiée par le choc géopolitique sur le tourisme, qu'un affaiblissement du modèle", juge la société de Bourse.
"A court terme, la visibilité demeure contrainte par les facteurs exogènes, mais la qualité structurelle et la capacité d'investissement du modèle Hermès restent pleinement intactes", assure la banque d'investissement.
A la Bourse de Paris, l'action Hermès lâchait 9,8% à 1 608 euros dans les premiers échanges, une correction amplifiée par la valorisation jugée élevée du titre.
Le titre, dont la capitalisation boursière dépasse les 170,7 milliards d'euros, cède désormais 24% depuis le 1er janvier. Il retombe ainsi à son plus bas niveau depuis janvier 2023 et n'est plus très loin d'une division par deux de sa capitalisation depuis le zénith des 2 957 euros du 14 février 2025.
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